Projet K.118 Winterhur, Suisse

TYPE : Intégration, In situ

TYPE DE MARCHÉ : privé

ANNÉE : 2021

MISE EN OEUVRE : Zehnder Holz und Bau, Wetter AG

CONCEPTION : baubüro in situ

TECHNIQUE / STABILITÉ : Oberli Ingenieurbau AG, Josef Kolb AG

COMANDITAIRE : Stiftung Abendrot

Matériaux de réemploi et quantités

Provenant de revendeurs de matériaux de réemploi :
Isolation acoustique: 980 m2
Bois de construction: 16,2 m3
Isolation en cellulose: 3069 kg

Provenant de sites de démolition ou de rénovation :
Element structurels en acier : 71 t
Tôles d’aluminium et d’acier : 1400 m2
Escalier extérieur en acier
Rampes en acier : 45 m
Toiture en bois : 295 m2
Murs en bois : 324 m2
Revêtement intérieur des murs en panneaux de bois: 2790 kg
Planchers en bois : 983 m2
Autre bois de construction : 5,6 m3
Portes en bois massif : 16 pièces
Fenêtres (principalement en aluminium) : 220 m2
Volets de fenêtre en bois : 44 pc.
Revêtement mural en dalles de granit, 30 mm : 70 pc.
Panneaux solaires : 20kWp
Isolation EPS pour le toit : 265 m2
Radiateurs : 24 pc
WC, lavabos : 12 pc

Autres matériaux et interventions circulaires :
Paille et argile pour la construction des murs
Préservation de la façade existante et préservation + renforcement de la structure existante du bâtiment industriel
Le peu de béton utilisé a été réalisé avec des agrégats recyclés.

Le projet

Sur le site de l’ancienne usine Sulzer à Winterthur (Suisse), l’extension d’un bâtiment industriel a en grande partie été réalisée à partir de matériaux de réemploi, complétés par du bois, de la paille et de l’argile. Le projet K.118 de Baubüro In Situ, commandé par le fonds de pension suisse “Stiftung Abendrot”, place la barre très haut en matière de construction circulaire et durable.

Texte de Baubüro In Situ – octobre 2021 :

En raison des progrès majeurs réalisés en matière d’efficacité énergétique pendant la phase d’utilisation d’un bâtiment, la construction est désormais responsable des trois quarts des émissions sur toute la durée de vie d’un bâtiment. Pour le projet K.118, l’accent a été mis sur la réutilisation des matériaux, afin d’éviter les émissions liées à la production de leurs nouveaux équivalents. Lorsque de nouveaux matériaux étaient nécessaires, des matériaux biosourcés ont été choisis dans la mesure du possible. Résultat : 60 % des émissions de gaz à effet de serre et 500 tonnes de matières premières ont pu être économisées par rapport à un projet classique.

Projet K.118 Winterthur | © Baubüro In Situ

Le projet a rapidement montré que la construction circulaire implique de penser en boucles. Lorsque l’on part des éléments de construction disponibles, le processus architectural s’inverse : il commence par la recherche de matériaux et est largement déterminé par les opportunités qui se présentent. La sélection est suivie du catalogage. Pour réinstaller les matériaux, il faut des informations et une idée précise des exigences et des options de pose. Ainsi, la conception a lieu au cours des phases de planification habituelles, dans un processus constant d’évaluation, de vérification et de décision.

Un squelette en acier qui supportait autrefois un centre de distribution sur le site de Lysbüchel à Bâle constitue la structure porteuse de l’extension. Le béton n’a été utilisé qu’en cas de besoin, lorsqu’il était inévitable pour des raisons de stabilité, de sécurité incendie ou d’acoustique : dans les dalles de plancher, dans les fondations et pour certaines caractéristiques acoustiques à l’intérieur. Les trois nouveaux étages construits au-dessus du hall sont accessibles par un escalier extérieur en acier, provenant de l’immeuble de bureaux Orion démoli à Zurich. Les paliers de cet escalier ont déterminé la hauteur des étages. Dans les cuisines, les toilettes et sur les balcons, des éléments de façade en granit ont été utilisés comme revêtement mural, et la plupart des fenêtres en aluminium ont également été récupérées du bâtiment Orion. Avec la façade en tôle profilée rouge, ils forment la façade et déterminent l’aspect du bâtiment dans le paysage urbain de Winterthur.

La structure du bâtiment industriel existant a été renforcée avec de la terre pour supporter le poids supplémentaire.

Les matériaux de réemploi étant rarement adaptés immédiatement à leur nouvelle application, il a fallu créer des marges de manœuvre nécessaires. Dans ce projet, l’une des solutions a été – littéralement – une approche par couches. La façade n’est pas constituée d’une seule feuille d’aluminium, mais d’un ensemble de feuilles qui se chevauchent.

Projet K.118 Winterthur | © Baubüro In Situ

 

La combinaison d’éléments de réemploi avec des matériaux adaptables est un autre moyen de surmonter cette difficulté : dans les éléments de façade préfabriqués en bois, une isolation en paille et un enduit intérieur en argile extrait localement remplissent l’espace autour des fenêtres réutilisées. De cette façon, le fait que les fenêtres soient de tailles différentes ne pose pas de problème. En outre, la paille et l’argile peuvent être moulées dans l’espace résiduel sans créer de déchets (pas de pertes de coupe). Traités avec un apport énergétique minimal, ces matériaux biosourcés restent compostables et assurent un climat intérieur confortable.

À l’intérieur, les murs en bois sont recouverts de panneaux de bois récupérés provenant de l’industrie de la construction de structures événementielles temporaires et sont équipés de portes récupérées.

Projet K.118 Winterthur | © Baubüro In Situ

Bien que les émissions de CO2 aient été plus que divisées par deux pendant la construction, les coûts sont restés dans les limites de ce qui est attendu pour un nouveau bâtiment similaire. La différence est que le budget du projet a été principalement consacré à la main-d’œuvre des artisans impliqués, car les matériaux récupérés nécessitent une certaine quantité de travail manuel et d’expertise avant de pouvoir être installés. Le projet n’est donc pas seulement durable sur le plan écologique, mais aussi sur le plan socio-économique !

 

Auteur de l’article : Opalis